Créer un scénario en moins de 10 minutes
L'équipe Pipelette · · 5 min de lecture
Trois éléments suffisent
Le contexte, l'objectif, le comportement de l'interlocuteur.
Un bon scénario ne se mesure pas à sa longueur. Il repose sur trois éléments, et rien de plus :
- Le contexte : qui sont les personnes en présence, où se déroule l'échange, ce qui s'est passé avant.
- L'objectif : ce que l'apprenant doit avoir obtenu à la fin de la conversation.
- Le comportement de l'interlocuteur : pressé, méfiant, bavard, en colère — et ce qui pourrait le faire changer d'attitude.
Le reste — l'avatar, sa tenue, le décor — se choisit depuis l'éditeur, sans écrire une ligne de dialogue. C'est l'IA qui improvise l'échange à partir du cadre que vous avez posé.
Partez d'une situation réelle
Les scénarios inventés de toutes pièces sonnent faux.
Prenez une situation qui s'est produite la semaine dernière : les apprenants reconnaissent immédiatement le cas, et l'exercice cesse d'être un exercice.
Les détails concrets font la différence : un nom de produit, un délai de livraison dépassé, une réunion qui a mal tourné. Ils ancrent la mise en situation dans le quotidien de vos équipes et rendent le retour beaucoup plus parlant.
Si l'inspiration manque, demandez aux managers de terrain quelle conversation leurs équipes redoutent le plus. La réponse fait souvent un excellent premier scénario — le recadrage d'un collaborateur, par exemple.
Fixez un objectif observable
« Bien gérer le client » n'est pas un objectif.
Un objectif utile se constate à la fin de l'échange : le client a accepté un rendez-vous, le collaborateur s'est engagé sur une échéance, le candidat a décrit son expérience la plus récente. S'il est impossible de dire s'il a été atteint, il faut le reformuler.
Mieux vaut un seul objectif qu'une liste : un scénario qui veut tout travailler à la fois n'en travaille vraiment aucun. Si plusieurs compétences sont en jeu, créez plusieurs scénarios courts.
C'est aussi ce qui permet de définir des critères de notation clairs. Vous choisissez les critères qui comptent pour ce scénario et leur poids dans la note — écoute, structure, réactivité ou tout autre aspect pertinent pour la situation.
Réglez la difficulté
Le même scénario peut servir aux débutants comme aux confirmés.
L'éditeur propose trois niveaux : facile, moyen et difficile. Le niveau choisi influence le comportement et la résistance de l'avatar pendant l'échange ; les critères et leur pondération, eux, restent identiques. Un même scénario peut donc accompagner un apprenant de sa première tentative jusqu'à la maîtrise.
Commencez au niveau facile pour vérifier que le scénario fonctionne, puis montez progressivement. Un premier essai trop difficile décourage plus qu'il n'apprend.
Habillez la scène
Un interlocuteur crédible aide l'apprenant à entrer dans la situation.
Choisissez l'interlocuteur dans le catalogue d'avatars, filtrable par genre, âge, morphologie et origine, puis sa tenue — casual, corporate, infirmier, vendeur — et le décor. Le nom de l'avatar est libre : donnez-lui celui qui colle à votre situation.
Ces choix restent modifiables à tout moment depuis l'éditeur, sans recommencer la configuration. Et si le catalogue ne suffit pas, des avatars et des décors à l'image de votre organisation peuvent être conçus sur mesure.
Un exemple complet
Une cliente mécontente d'un retard de livraison.
Voici à quoi peut ressembler un scénario écrit en quelques minutes pour une équipe de service client :
- Contexte : Mme Martin a commandé un canapé, livré avec deux semaines de retard sans qu'elle ait été prévenue. Elle appelle le service client pour la deuxième fois.
- Objectif : à la fin de l'appel, la cliente accepte une nouvelle date de livraison et sait ce qui sera fait pour compenser le retard.
- Comportement de l'interlocutrice : agacée, elle coupe la parole quand on lui récite une procédure ; elle se calme si l'on reconnaît le problème et que l'on s'engage sur une action précise.
- Critères : écoute et reconnaissance du problème, clarté de l'engagement, maîtrise du ton.
Le scénario tient en quelques lignes, et pourtant chaque conversation sera différente, puisque l'avatar réagit à ce que dit l'apprenant. Celui qui récite la procédure fera monter la tension ; celui qui écoute la fera retomber.
Testez, publiez, ajustez
Un scénario s'améliore avec ses premières tentatives.
Tant qu'il est en brouillon, le scénario reste invisible pour les apprenants. Jouez-le vous-même au moins une fois : vous repérerez vite une consigne ambiguë ou un objectif trop flou.
Une fois le scénario publié, regardez les premiers résultats. Si tout le groupe bute sur la même étape, le problème vient peut-être du scénario plutôt que des apprenants. Les modifications s'appliquent aux tentatives suivantes.
En résumé, les étapes sont les suivantes :
- Décrire le contexte en quelques phrases.
- Formuler un objectif observable.
- Décrire le comportement de l'interlocuteur.
- Choisir les critères de notation et leur poids.
- Régler la difficulté, l'avatar et le décor.
- Tester en brouillon, puis publier.
Toutes les fonctionnalités sont présentées sur la page Éditeur de scénario.